Votre enfant doit-il passer par Parcoursup ?
 


Votre enfant poursuit sa scolarité à l’étranger dans un système non français : International Baccalaureate (IB), High School Diploma américain, A-Levels britanniques, Maturité suisse ou autre cursus international ? S’il envisage de poursuivre ses études supérieures en France, la question de Parcoursup se pose très vite. Pour un élève français, la plateforme sera la voie de candidature pour les très nombreuses formations qui y sont référencées. Mais lorsqu’on vient d’un système scolaire étranger, la constitution du dossier présente quelques particularités qu’il vaut mieux anticiper.

Passeport français et études en France : faut-il passer par Parcoursup ?

Si votre enfant est français, vit et étudie à l’étranger et souhaite intégrer l’enseignement supérieur en France après son diplôme de fin d’études secondaires, il devra candidater sur Parcoursup pour toutes les formations qui recrutent par l’intermédiaire de la plateforme.
Son lieu de résidence ou le fait qu’il ne prépare pas un baccalauréat français ne l’en dispense pas.

Parcoursup est aujourd’hui la voie d’accès à la très grande majorité des formations françaises de premier cycle qui y sont référencées : licences, BUT, BTS, classes préparatoires, mais également de nombreuses écoles et bachelors.
Il existe cependant des formations qui organisent leurs admissions directement, hors Parcoursup. Selon le projet de l’élève, il peut donc être nécessaire de mener plusieurs procédures de candidature en parallèle, avec des calendriers et des modalités d’admission différents.

Un élève scolarisé à l’étranger ne construit pas son dossier comme un lycéen du système français

C’est là que les choses se compliquent un peu.
Un élève scolarisé en France, ou dans un lycée français à l’étranger préparant le baccalauréat français, bénéficie d’un environnement entièrement familiarisé avec Parcoursup. Son établissement accompagne la procédure et une partie importante des données scolaires nécessaires à son dossier est transmise directement à la plateforme.
Pour un élève scolarisé dans un établissement étranger, la situation est différente.

Il faut créer et compléter son dossier à partir d’un cursus qui n’est pas celui attendu habituellement par le système français. Les informations scolaires qui ne sont pas automatiquement transmises doivent être renseignées, les bulletins et résultats vérifiés, les matières correctement identifiées et le système de notation précisé.
Cette étape peut sembler purement administrative. Elle ne l’est pas tout à fait : la manière dont le parcours scolaire est présenté participe à sa compréhension.

Faut-il convertir les notes étrangères en notes françaises ?

Non, et c’est un point important.
Un 92 % américain, un A britannique, un 6 en IB ou une autre notation étrangère ne doit pas être artificiellement transformé en une note sur 20.
Parcoursup permet de renseigner le système de notation utilisé par l’établissement d’origine. L’enjeu est donc moins de « traduire » les résultats que de permettre de comprendre ce qu’ils signifient dans leur contexte académique.
Car derrière une note se trouvent aussi le niveau des enseignements suivis, les choix de matières, leur degré d’exigence et les particularités du diplôme préparé.

Un excellent dossier international n’a pas toujours les codes d’un excellent dossier français

C’est probablement le point qui mérite le plus d’attention.
Un élève peut avoir un excellent niveau académique et présenter pourtant un dossier très différent de celui que les formations françaises ont l’habitude de lire.
Les intitulés des matières changent. Les niveaux d’enseignement également. Un Higher Level en IB, un Advanced Placement ou un Honors Course américain, par exemple, apportent des informations importantes sur le niveau académique de l’élève. Encore faut-il que ces éléments soient immédiatement identifiables et compréhensibles.
Il ne s’agit donc surtout pas de « franciser » artificiellement son parcours.
Il faut au contraire le rendre lisible dans toute sa singularité : expliquer le système scolaire lorsque cela est nécessaire, faire apparaître clairement le niveau des enseignements suivis et permettre aux formations de comprendre la réalité académique du dossier.

Parcoursup ne pénalise pas automatiquement les élèves scolarisés à l’étranger
C’est une inquiétude que peuvent avoir les familles, et elle mérite d’être clarifiée.
Parcoursup n’est pas un algorithme qui déciderait de placer un dossier étranger devant ou derrière un dossier français. Ce sont les formations elles-mêmes, à travers leurs commissions d’examen des vœux, qui étudient et classent les candidatures selon leurs critères.

L’enjeu est donc ailleurs : une commission doit pouvoir comprendre rapidement un parcours qui ne lui est pas nécessairement aussi familier qu’un bulletin de Terminale française.
Pour les formations non sélectives concernées par une sectorisation géographique, des règles spécifiques existent par ailleurs pour les Français établis hors de France. L’absence d’une académie française de rattachement classique ne signifie donc pas qu’un élève français vivant à l’étranger est automatiquement défavorisé.

Un parcours international peut être une vraie force
Une scolarité internationale peut au contraire apporter beaucoup à une candidature.
Maîtrise de plusieurs langues, ouverture culturelle, mobilité, capacité d’adaptation, autonomie, confrontation à d’autres méthodes d’apprentissage, enseignements parfois particulièrement exigeants : un parcours à l’étranger raconte quelque chose de l’élève.
Ces éléments peuvent trouver leur place dans le dossier lorsque cela est pertinent, notamment dans la présentation de son parcours, ses activités et centres d’intérêt ou les écrits demandés par certaines formations.

L’objectif n’est jamais de survaloriser artificiellement une expérience internationale, mais de faire en sorte qu’aucune information importante ne se perde simplement parce qu’elle ne correspond pas aux codes habituels du lycée français.

Et surtout : construire les bons vœux

Un dossier bien renseigné ne suffit pas. Encore faut-il candidater aux bonnes formations.
La stratégie doit tenir compte du projet de l’élève, de son niveau académique, des matières qu’il a choisies, des attendus des formations françaises et de leur degré de sélectivité.
Pour un élève qui souhaite revenir étudier en France, l’objectif est de construire une liste de candidatures à la fois ambitieuse, pragmatique et sécurisée.
Ambitieuse, parce qu’un très bon dossier international ne doit pas conduire à s’autocensurer.
Pragmatique, parce qu’il faut confronter le projet à la réalité des admissions et des prérequis.
Sécurisée, enfin, parce qu’un projet d’études ne doit pas reposer uniquement sur quelques formations extrêmement sélectives.

Anticiper plutôt que découvrir Parcoursup au dernier moment

Pour une famille vivant à l’étranger, Parcoursup peut sembler assez opaque lorsqu’on le découvre pour la première fois. Et c’est compréhensible : le système n’est pas celui dans lequel l’enfant évolue au quotidien, l’établissement scolaire n’a pas nécessairement vocation à accompagner une candidature en France et les repères ne sont pas les mêmes.
Le plus important est donc d’anticiper : comprendre suffisamment tôt les procédures qui concerneront l’élève, identifier les formations pertinentes, vérifier leurs modalités d’admission et préparer la manière dont son cursus international sera présenté.

Il n’existe évidemment aucune garantie d’admission. En revanche, il est possible de mettre toutes les chances de son côté en construisant un dossier rigoureux, lisible et cohérent et une stratégie de candidatures adaptée.

Un cursus scolaire à l’étranger n’a pas besoin d’être transformé en parcours français. Il a besoin d’être compris, contextualisé et intelligemment présenté.
Pour un confort de navigation optimal, merci de conserver votre appareil en mode vertical.
Marie Annon